Vendredi 22 mai 2026, 7e Semaine du Temps Pascal. Année A. Année Paire. Mémoire facultative de Sainte Rita de Cascia, religieuse. Couleur liturgique : Blanc
Textes
Actes 25, 13-21; Psaume 102 (103), 1-2, 11-12, 19-20ab ; Jean 21, 15-19
Dans Actes 25, 13-21, le gouverneur Festus explique la situation de Paul à ses invités le roi Agrippa et son épouse Bérénice. Le renvoi de la comparution de Paul à Rome semble à première vue sa décision. Or Dieu se sert et se servira de cela pour que sa Bonne Nouvelle soit annoncée aux Romains. Dieu peut utiliser toutes les situations humaines pour la diffusion de sa Parole car c'est lui l'auteur et le Maître du temps et de l'histoire, de notre histoire. Il fait concourir toute chose pour sa gloire et notre salut. Il nous revient d'avoir cette intuition et de faire de chaque moment des occasions de témoignage. Jean 21,15-19 relate la dernière rencontre entre Jésus ressuscité et Pierre. Jésus pose la même question à Pierre à trois reprises, question dont la réponse serait sans doute évidente : "« Simon, fils de Jean, m’aimes- tu vraiment ... ? »" Aimer Jésus peut être facile à dire mais difficile dans la pratique. Cette difficulté est mise en évidence dans le texte original en grec. Dans ce texte, Jésus invite Pierre à un amour fort, un amour qui se traduit par le don total de sa vie : mourir pour le Christ. Jésus invite Pierre à aimer comme Dieu nous aime (verbe agapao en grec). Or on le sait, Pierre venait de renier son Maître lors de son arrestation. Il est donc logique que Pierre éprouve des difficultés à aimer Jésus dans le total de sa vie sur-le-champ. Voilà pourquoi à l'amour divin de Jésus, Pierre propose un amour purement humain même s'il est noble (phileo : un amour d'amitié qui a ses forces et ses fragilités, qui a ses limites). Jésus va donc rejoindre Pierre dans les limites de son amour humain en employant lui aussi phileo dans sa dernière question. Jésus connaît la vérité de nos cœurs. Il sait que nous l'aimons même si cet amour demeure fragile et limité. Il nous rejoint donc dedans pour nous élever jusqu'à lui car lui seul est capable de nous faire passer de l'amour humain à l'amour divin par une oblation totale de notre vie. C'est ce qu'il révèlera à Pierre par ces paroles après lui avoir confié le soin de son troupeau : " « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »". N'ayons donc pas honte ni peur de nos faiblesses. Acceptons nos fragilités car nous ne sommes pas Dieu, nous sommes des êtres humains avec des limites. Acceptons-les avec humilité et offrons-les au Seigneur en toute confiance. Le refus de ses faiblesses est de l'orgueil. Or Dieu ne peut rien faire là où il y a de l'orgueil. Jésus n'appelle pas à lui des Hommes parfaits mais des personnes conscientes de leurs limites qui acceptent de l'aimer et d'aimer. C'est l'amour qui guérit, restaure, relève et réhabilite. Aimons-nous chaque jour tels que nous sommes et ouvrons nos cœurs à l'amour infini de Dieu qui nous sauve. Que la Parole d'amour de Jésus soit toujours notre force dans notre marche à sa suite. Dieu nous bénisse abondamment. Paisible journée.
Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville
