Dimanche 13 décembre 2020, 3e Dimanche, Temps de l’Avent, Année B
Dimanche de la Gaudete ou Dimanche de la Joie
Homélie
L’Avent, Temps d’une attente joyeuse
Frères et sœurs bien-aimés, en ce 3e dimanche de l’Avent de l’Année B, nous voici parvenus à mi-parcours dans notre cheminement vers Noël. C’est l’occasion pour nous de dresser un premier bilan relatif aux résolutions prises au début de ce temps fort liturgique. Il est bon que nous puissions faire cette relecture à la Lumière de la Parole de Dieu en vue de la poursuite de notre marche.
La présente méditation comportera deux axes : Dieu, Source de notre Joie et le chrétien, un porteur de la Joie de Dieu au monde.
- Dieu, Source de notre Joie
« Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche » (cf. Philippiens 4, 4.5). Telle est l’antienne d’ouverture de la messe de ce 3e dimanche de l’Avent qui exprime la joie de toute l’Église qui attend la venue de son Seigneur et Sauveur. Et la couleur liturgique de ce jour est le rose. Pourquoi ? Le rose est la couleur qui se situe entre le violet (couleur de conversion, de pénitence) et le blanc (couleur de fête). C’est aussi la couleur de l’aurore car en cette période de l’année, on voit poindre à l’horizon, surtout dans le désert encore plongé dans la nuit, quelques lueurs annonciatrices de l’arrivée imminente de la lumière ou du jour. Dans le désert de nos cœurs, la lumière, notre Lumière se lèvera bientôt pour en dissiper les ténèbres et nous établir dans une joie plus grande. Notre Lumière est Jésus Christ. Ainsi, la venue prochaine du Messie Sauveur devient pour nous Source d’une grande Joie. La première lecture en Isaïe 61, 1-11, nous en donne les motifs : Annonce d’une Bonne Nouvelle aux humbles, c’est-à-dire ceux qui savent se faire petits devant le Seigneur et devant leurs frères et sœurs, de la guérison des cœurs brisés, brisés par la trahison, par les coups durs de la vie, de la délivrance des captifs, captifs de nos péchés, de notre mal-être, de notre égo, de la libération des prisonniers, prisonniers de nos mensonges, de nos préjugés, de la consolation de ceux qui sont en deuil, deuil lié à la perte d’un être cher, d’un emploi ou d’une situation favorable, etc. Le Seigneur vient pour nous faire part d’une année de bienfaits à nous accordée par Dieu. Nous découvrons ainsi que plus nous avançons vers Noël, plus notre joie grandit car le Seigneur nous communiquera par sa présence la Grâce dont il a comblée Marie sa Mère : « Je te salue, Comblée-de-Grâce », dira Gabriel à Marie en Luc 1, 28. Que nos cœurs soient plongés dans une perpétuelle reconnaissance envers Dieu pour sa proximité et ses faveurs envers nous. Voilà pourquoi, ayant reçu de Dieu la Bonne Nouvelle de notre salut qui approche, nous devenons à notre tour des porteurs de sa Joie autour de nous.
- Le chrétien, un porteur de la Joie de Dieu au monde
Le contexte actuel qui est le nôtre est singulier car il est marqué par plusieurs crises. Entre autres nous avons la crise sanitaire due à la Covid 19 avec les conséquences que nous connaissons sur les plans économique, social, professionnel, médical. L’on peut aussi noter que le climat politique propre à la Côte d’Ivoire est délétère avec son lot de morts, de mutilés à vie et de destructions de biens publics et privés. L’angoisse est toujours présente dans les cœurs sans oublier la cherté de la vie, l’appauvrissement des classes les plus vulnérables. La mort est aussi là. De plus, il n’y a pas d’engouement à l’approche des fêtes contrairement aux années précédentes. Il y a un malaise et un mal-être dans la société. On se méfie de telle ou telle personne (la méfiance quasi-généralisée). Au sein des familles, se révèlent des violences terribles insoupçonnées entre les parents, parents et enfants et entre les enfants. Enfin, il y a de nombreuses personnes malades physiquement, intellectuellement, moralement et spirituellement. C’est vers elle que Dieu nous envoie pour porter une Bonne Nouvelle susceptible de les remplir de la Joie. En effet, si Dieu nous remplit de sa Joie, c’est pour en devenir les témoins auprès de nos frères et sœurs. La joie est possible si chacun fait preuve d’accueil, de solidarité et de partage envers l’autre. Ne l’oublions pas, le Seigneur qui vient est déjà là. Il est là à travers le frère ou la sœur qui souffre. Par conséquent, on n’a pas le droit d’être heureux tout seul ou seul avec sa famille ou son groupe.Comment pourrions-nous être heureux s’il n’y a que tristesse autour de nous ? Car la nature de la joie, consiste à être partagée. On ne perd rien en partageant. On gagne plutôt et on fait des heureux y compris soi-même. En cette journée nationale de la Caritas, ouvrons la porte de nos cœurs aux pauvres et aux malheureux en leur permettant de vivre Noël par des gestes d’attention et de soutien.
Dans l’évangile en Jean 1, 6-8.19-28, la figure de Jean le Baptiste nous est offerte comme Précurseur, celui qui comme un « griot », nous dit l’avènement du Messie. Devant les personnes qui cherchent à connaître sa véritable identité, Jean le Baptiste déclare en toute humilité qu’il n’est pas le Messie. Il ira très loin dans son effacement en mentionnant qu’il n’est même pas digne de défaire la courroie de sa sandale, un geste pourtant réservé dans l’Antiquité aux plus bas des esclaves. Jean le Baptiste dit simplement et clairement que le plus bas des esclaves a même plus de valeur ou d’importance que lui. Quel abaissement pour exprimer la grandeur du Christ. Il nous donne ainsi une belle leçon d’humilité dans la vie et dans nos rapports les uns à l’égard des autres.
Enfin, à l’image de Marie, exaltons le Seigneur et exultons de joie. En toutes circonstances, magnifions-le et bénissons-le. Répandons la Joie de Dieu autour de nous sans nous lasser.
Merveilleux dimanche de la Joie de Dieu en tous et chacun. Dieu nous bénisse tous.
Père Sylvain du Saint Nom de Jésus, Vicaire Paroisse Sainte Famille, Riviera 2
