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JUBILE D’OR SACERDOTALE DE SON EMMINENCE JEAN PIERRE CARDINAL KUTWA A BLOCKHAUSS

MOT DU CURE JUBILE D’OR DE SACERDOCE DU CARDINAL JEAN-PIERRE K.

 

ü Son Eminence Jean-Pierre Cardinal KUTWA, Archevêque Métropolitain d’Abidjan

ü Excellence Monsieur le Président de la République et Madame

ü Monsieur le Premier Ministre et madame

ü Excellence Mgr PAOLO BORGIA, Nonce Apostolique en Côte d’Ivoire

ü Excellence Mgr Ignace BESSI, Archevêque Métropolitain de Korhogo et président de la Conférence des Evêques Catholique de Côte d’Ivoire

ü Messieurs et mesdames les membres du Gouvernement

ü Excellences messeigneurs les Archevêques et évêques catholiques de la Côte d’Ivoire

ü Excellence Messieurs et mesdames du corps diplomatique

ü Messieurs et mesdames présidents des Institutions

ü Monsieur le Maire de la commune de Cocody

ü Messieurs et mesdames les députés, les Sénateurs et les Maires

ü Messieurs et mesdames les autorités préfectorales, militaires et coutumières

ü Messieurs les responsables des confessions religieuses

ü Révérends Pères, révérends frères et révérendes sœurs

ü Biens chers frères et sœurs en Christ et en humanité

 

 

Quel beau jour que celui-ci ! Le peuple de Dieu accouru des différentes contrées du pays Atchan ainsi que les quatre coins de l’horizon, ivre de sainte joie, voudrait non seulement ce jour s’associer l’action de grâce d’un digne fils de l’Eglise qui chante sa reconnaissance au Prêtre Eternel pour la fidélité à ses promesses et à son amour dans sa vie, mais également laisser libre cours à la manifestation de sa gratitude pour toutes les merveilles dont Dieu n’a cessé de le gratifier de tout temps. Ah Seigneur, qui donc es-tu pour aimer ainsi ! Comme jadis tu n’avais hésité à aller chercher et prendre la Sainte Vierge Marie dans l’insignifiant village de Nazareth en Palestine, il y a 50 ans, tu as repris à notre compte cette même démarche d’amour, en choisissant dans ce modeste village de Blockhauss, acculé au bord de la lagune Ebrié, un des nôtres, pour en faire un de tes serviteurs de premier plan !

Quel grand jour que celui d’aujourd’hui ! Ce jour, en effet, reprend en écho un autre jour vieux aujourd’hui, jour pour jour, de 50 ans ! En effet, le 1er août 1971, le village de Blockhauss accueillait son tout 1er prêtre pour sa messe de prémices. Ce matin, tant de souvenirs de font jour. Même ceux qu’on croyait formatés ou emportés par le fleuve tumultueux du temps ressortent des sédiments et des archives de nos mémoires réactivées à l’occasion pour nous porter à nous complaire dans l’action de grâce aux côtés de son Eminence Jean-Pierre Cardinal KUTWA dont le oui au Christ symbolise depuis lors le oui de toute la communauté atchan de Blockhauss à l’appel du Seigneur. Merci Eminence de nous faire revivre et actualiser ce grand moment de son histoire religieuse en communion avec tant d’autres témoins passés de l’autre côté du mur de la vie et que nous croyons présents avec pour vivre cette célébration historique.

Bien chers frères et sœurs , merci d’avoir répondu à notre invitation, dérogeant ainsi à vos différents agendas, pour vous joindre à nous, pour magnifier Dieu dans son amour et pour dire notre admiration pour son Eminence Jean-Pierre Cardinal KUTWA, publicité de la sollicitude pastorale du Christ pour son peuple, catéchèse humaine de l’abandon et de la confiance totale en Dieu, et ostensoir sacramentel de sa proximité. Puissions-nous, chers frères et sœurs, au terme de cette belle célébration du Jubilé d’or de notre Père Archevêque, forts des grâces attachées à cette célébration, repartir dans la barque de la foi, avec les pagaies de la charité pour jeter aux quatre coins de notre Côte d’Ivoire le filet l’espérance qui invente non seulement la fraternité qui triomphe de nos peurs et de nos dissensions, mais également, qui, de nos différences multiformes, font un budget de ressources pour la paix par la réconciliation des cœurs. Joyeux anniversaire Eminence et bonne et sainte célébration à tous.

 

 

                                                P. Eugène ACHI SIKA, Curé

 

HOMELIE DU JUBILE D’OR SACERDOTALE DE SON EMMINENCE JEAN PIERRE CARDINAL KUTWA

 

« Travaillez non pas pour la nourriture  qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jn 6 27).

Chers frères et sœurs, Eminence,

Au moment où vous me demandiez de prêcher à l’occasion de la célébration de votre jubilé d’or, dans votre village, vous me recommandiez de réchauffer un peu d’huile rouge pour la verser dans les oreilles de nos frères et sœurs. Parlant ainsi, vous me demandiez, en réalité, de reverser cette huile dans vos oreilles à vous, Eminence, et dans les miennes aussi, étant, vous et moi, membre d’un peuple aux oreilles dures, bouchées même. Il importe donc que tous, nous laissions Dieu les déboucher par sa parole, épée à double tranchant, qui pénètre jusqu’au fond de la conscience, pour en extirper le mal (cf, He 4, 12).

« Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jn 6, 27). Voilà, chers frères et sœurs, voilà Eminence, l’exhortation qui ressort de l’évangile de ce jour. Jésus qui parle ainsi venait de multiplier les pains pour une foule d’environ 5000 hommes. Ils ont mangé et sont bien repus. Après la tentative manquée de faire de Jésus leur roi (Cf. Jn 6, 15), ils se mettent à sa recherche. La recherche de Jésus n’est pas mauvaise en soi, elle est même exigée. Malheureusement, la recherche de Jésus par ceux qui ont bénéficié du signe de la multiplication des pains est totalement dévoyée par l’intention qui la motive. Jésus n’est pas dupe et ne veut pas qu’on le détourne de sa vraies mission, en lui faisant la publicité de faiseur de signes miraculeux ; il le fait savoir à cette foule désireuse de manger à satiété sans effort : « Vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé  de ces pains et que vous avez été rassasiés. Jésus aurait bien voulu que la foule le recherche pour avoir vu des signes et surtout pour en avoir saisi le sens profond. En effet, un signe est un signe. Le signe n’est pas la réalité. Il renvoie toujours à une réalité au-delà de lui-même.

Voilà pourquoi dans l’évangile de Jean les miracles de Jésus sont présentés comme des signes. L’évangéliste fait ainsi pour inviter à comprendre et à rechercher la réalité à laquelle les miracles renvoient. C’est donc, à juste titre, que Jean conclut son évangile en ces termes : « Il y a encore beaucoup d’autre signe que Jésus a faits en présence de ses disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom » (Jn 20, 29-30). Il apparaît clairement que le plus important n’est pas le signe mais la signification  du signe, c’est-à-dire, ce que le signe révèle. Le signe de la multiplication des pains voudrait, en réalité, révéler aux bénéficiaires, que Jésus est celui qui donne la vie éternelle à celui qui croit qu’il est l’Envoyé de Dieu, le Messie, le Fils de Dieu. Nous comprenons alors pourquoi Jésus réprimande ceux qui le recherchent en ces termes : « Vous me cherchez non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pais et que vous avez été rassasiés » (Jn. 6, 26) avant de les exhorter : « Travaillez non pas pour la nourriture  qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle » (Jn 6, 27).

Il ne faut cependant pas comprendre l’exhortation de Jésus, comme une invitation à ne pas travailler pour la nourriture du corps. Jésus et ses  Apôtres mangeaient et buvaient comme tous les autres hommes et femmes. Ils ne peuvent donc pas être contre le travail. Loin d’en faut ! Nous voyons bien cela avec l’apôtre Paul rappelant ses ordres aux Thessaloniciens parasites en leur écrivant : « Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cet ordre : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire. A ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné. » (2Th 3, 101-12).

L’exhortation de Jésus invite donc à travailler pour la vie éternelle sans interdire de travailler pour la vie qui passe. Il invite plutôt à mettre la vie qui passe au service de la vie éternelle par la foi en celui que le Père a envoyé : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé » (Jn 6, 29). Et celui que le Père a envoyé, c’est Jésus, qui se présente ainsi : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif ». Parlant ainsi Jésus se met au-dessus de Moïse, témoin du don de la manne au peuple d’Israël, dans le désert ; ce peuple qui préférait l’esclavage en Egypte, avec la nourriture en abondance, à la liberté dans le désert, sans nourriture et qui récriminait : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Egypte, quand nous étions assis près es marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! » (Ex 16, 3-4).  En outre, contrairement à la manne incapable de faire disparaitre définitivement  la faim du corps, Jésus, pain de la vie éternelle, dit de lui-même : « Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif ».

En vérité, je vous le déclare, la foi en Jésus, pain de la vie éternelle, transforme le croyant de fond en comble, et le fait passer de la pensée païenne à la pensée du Christ, selon le témoignage de l’Apôtre Paul : « J’en témoigne dans le Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée… Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entrainent dans l’erreur… Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre  pensée. Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité ; (Eph 4, 17.20-24). L’Apôtre oppose deux types de pensée : la pensée des païens avec ses convoitises qui entrainent dans l’erreur et la pensée spirituelle de l’homme nouveau conforme à la vérité.

 

Chers frères et sœurs,

Croire en Jésus Christ, le pain de vie, c’est épouser la pensée et la vérité du Christ, c’est travailler pour la vie éternelle. Croire en Jésus-Christ et agir en Jésus-Christ sont inséparables. Croire en Jésus-Christ appelle la charité par laquelle la foi agit : « Car, dans le Christ Jésus, ce qui a de la valeur, … c’est la foi, qui agit par la charité » (Ga 5, 6) dit l’Apôtre Paul aux Galates. Ceci est plus qu’évidant : la foi en Jésus Christ, pain de la vie éternelle, s’incarne dans la charité ; la charité organise le travail humain et oriente ses fruits vers une communion sans faille, pour conduire tous les croyants de cette vie qui passe à la vie qui ne passe pas, la vie éternelle. Nous ne pouvons donc pas croire en celui qui donne le pain de la vie éternelle, sans nous laisser interpeller et nous et nous interroger : Notre foi en Jésus, pain de vie, agit-elle par la charité ? Trois pistes d’engagement se présentent à nous, en harmonie avec la vision des Evêques Catholiques de Côte d’ivoire d’une Eglise-communion autonome, au  service de tous. La première piste est celle de la primauté donnée à la vie éternelle ; la deuxième est celle de l’ardeur au travail dans la communion ; la troisième, celle de la mise en commun pour le service de tous.

 

Chers frères et sœurs,

Que chacun de nous entre donc en lui-même, à l’occasion de ce jubilé, interroge sa foi et son action ! Eminence entrez en vous-même, et interrogez votre foi et votre action durant ces 50 années de vie sacerdotale. Bien mieux, avec votre peuple, laissez l’huile chaude de la parole de Dieu ouvrir vos oreilles dures et bouchées. Avec votre peuple, engagez votre foi et votre action à venir, en empruntant les trois pistes énoncées plus haut.

Eminence, croyez-vous au Christ pain de la vie éternelle ? Accordez donc, avec beaucoup plus d’énergie que par le passé, la primauté à la vie éternelle. Continuez à tourner le dos à l’amour de l’argent qui entraine l’avarice et la course au gain facile et fugace ; continuez à tourner le dos aux beurreries, aux orgies, à l’ivrognerie, à la débauche, toutes choses qui nous caractérisent tous, nous qui courrons après Jésus, parce que nous avons mangé jusqu’à être rassasiés, faisant de notre ventre un dieu pour parler comme Paul. Que votre langue, comme une épée à double tranchant, poursuive sa mission de rappeler à votre peuple,  vautré devant les marmites remplies de convoitises de tous genre, convoitises qui expliquent sa cours au pouvoir dans notre pays et dans nos villages. A ce peuple, c’est-à-dire à nous tous qui tordons le cou aux traditions et lois, rappelez qu’il doit accorder la primauté à la vie éternelle et détourner son cœur des convoitises dans lesquelles l’âme se perd inévitablement, selon l’avertissement sans appel de Paul : « Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ne adultères, ni dépravés, nie gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu’ivrognes, ni insulteurs ou rapaces, n’hériteront du Royaume de Dieu » (Cf 1Co 6, 9-10)

Eminence, croyez-vous au Christ Jésus, pain de la vie éternelle ? Alors mettez encore plus d’ardeur au travail dans la communion. Ne relâchez pas votre zèle à travailler avec vos collaborateurs sans discrimination, au service de la Parole. Que votre langue, comme une épée à double tranchant, éduque votre peuple à l’ardeur au travail. Trop de nos frères vivent affairés sans rien faire, dans les rues de nos villages et de nos villes, ne sachant pas comment s’organiser, se mettre ensemble dans un esprit de communion, pour créer de l’emploi et se prendre en charge. Insistez à temps et à contretemps pour qu’ils comprennent que seule la communion, en les sortant de leurs individualismes et égoïsmes, les aidera à réussir ensemble en empruntant le chemin de l’autonomie solidaire.

 

Eminence, croyez-vous au Christ Jésus, pain de la vie éternelle ? Poursuivez avec fermeté votre exhortation à l’organisation sans retard de la mise en commun des fruits du travail de tous. Que votre langue, comme une épée à double tranchant, continue d’appeler à la mise en communion des biens et au respect du commun. En effet, et c’est indéniable, l’on ne peut croire en Jésus sans vivre la charité, et la charité des croyants en Jésus Christ se fait communion. La communauté née de la prédication des Apôtres à la Pentecôte l’a bien compris (Ac 2, 37-42 ; Ac 4,32-37) : « La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avaient un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun… Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. » (Ac 4, 32-35). Des chrétiens du monde entier l’ont compris, qui ont soutenu et soutiennent encore, et sans discrimination d’aucune sorte, la mission à travers le monde. Continuez à nous aider Eminence, par votre conviction et par votre parole, à comprendre que l’avenir  du monde et particulièrement l’avenir de notre Eglise, l’avenir de nos villages doit intégrer la mise en commun des biens. Ainsi la communion spirituelle de l’âme et du cœur sera réelle et vraie.

Eminence, croyez-vous en Jésus-Christ, pain de la vie éternelle ? Alors travaillez et aidez-nous jà travailler, non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, la nourriture pour laquelle Jean et Pierre, dont vous portez lesnoms, ont sacrifié leur vie. Que par leur intercession, le Seigneur vous soutienne dans votre santé physique, pour que nous nous retrouvions autour de vous dans 10 ans, pour célébrer vos 60 ans de sacerdoce, et comme le pape émérite, Benoît XVI, vos 75 ans de sacerdoce. Ad multos et fautissimos annons !

AMEN !