Samedi 18 juillet 2026, 15e Semaine du Temps Ordinaire. Année A. Année Paire. Férie. Couleur liturgique : Vert

Textes
Michée 2, 1-5 ; Psaume
9 B (10), 1-2, 3-4, 7-8ab, 14 ; Matthieu 12, 14-21

Le constat que Dieu fait dans Michée 2, 1-5 est toujours d'actualité dans notre monde aujourd'hui. En effet, que ne font pas certaines personnes qui ont un pouvoir au détriment des gens faibles et pauvres : abus de pouvoir, spoliation de leurs biens, destruction de leurs biens au vu et au su de tous, et ceci impunément. Sûres de leur force que leur donne leur pseudo autorité, ces personnes sèment partout et de manière systématique, consciente, libre et volontaire la désolation et la misère avec un cœur déshumanisé, anesthésié, insensible. Leurs yeux sont fermés pour ne pas voir les conséquences désastreuses voire dramatiques de leurs actes, et leurs oreilles sont bouchées pour ne pas entendre les lamentations et les pleurs de leurs pauvres et innocentes victimes. Le pouvoir s'il n'est pas éclairé par la sagesse rend fou et amnésique devant la souffrance des autres, de ceux qu'on broie, écrase et tue par nos décisions iniques. Mais Dieu lui n'est pas aveugle ni sourd. Il voit ce que nous faisons du pouvoir qui est le nôtre et des abus qui en découlent, signes et conséquences de notre orgueil et de notre arrogance. Dieu entend la voix des sans voix et leur cri monte jusqu'à lui. Si la justice des Hommes reste incapable d'agir, la justice de Dieu frappera tôt ou tard ceux qui font souffrir leurs frères et sœurs dans l'exercice de leur autorité ou pouvoir. Dieu le dit clairement : " C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : Moi, je prépare contre cette engeance un malheur où ils enfonceront jusqu’au cou ; vous ne marcherez plus la tête haute, car ce sera un temps de malheur." Le mal délibéré que nous faisons aux autres se transformera en malheur pour nous car Dieu punit toute forme d'injustice sociale. Ainsi donc, peu importe la forme d'autorité exercée, qu'elle soit religieuse, politique, familiale, civile, coutumière, militaire, professionnelle, soyons toujours justes, humains et bienveillants. Dans Matthieu 12, 14-21, face aux intrigues des
pharisiens qui complotent contre Jésus pour sa mort, Jésus prend une décision sage: il s'éloigne d'eux. Il pouvait les affronter et clamer sa vérité. Non il préfère partir, non par peur mais par sagesse et prudence. En toute chose, il faudrait agir avec intelligence et discernement. Nous ne sommes pas obligés d'aller à l'affrontement face au mal. Parfois, il faudrait s'en éloigner, prendre ses distances. Puis Jésus invite les bénéficiaires de ses miracles à la discrétion. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, on se croit obligé d'étaler sa vie, vie professionnelle, vie familiale ( nos enfants surtout), vie amoureuse. Tout le monde doit savoir ce qu'on fait, ce qu'on vit. Il faudrait savoir que notre joie n'est pas forcément partagée par tous, notre bonheur ne fait pas nécessairement le bonheur de tous ou l'unanimité chez tous. On a l'impression qu'il y a une forme de fébrilité voire "d'immaturité" qui nous gagne tous. On oublie une chose : " C'est dans le silence de la terre que la graine enfouie, germe, grandit et éclore pour donner du fruit." Évitons d'étaler nos vies sur les réseaux sociaux au risque de nous exposer. Si nous devons inonder les réseaux sociaux et nos statuts, que ce soit avec les prières et tout ce qui annonce Jésus Christ et l'Évangile. Que la Parole de Dieu fasse grandir en nous incessamment la sagesse et la douceur pour que nous fassions toujours de bons choix dans la conduite de notre vie. Dieu nous bénisse abondamment. Excellent week-end.

Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville.

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