Méditation du 17 mai 2026.

Jean 17, 1b-11a — « Père, l'heure est venue. […] Je leur ai fait connaître ton nom […] Je prie pour eux. »

Frères et sœurs,

Il y a dans l'Évangile de ce jour une scène que nous n'osons presque pas regarder, tant elle est intime. Jésus prie. Il prie à voix haute, devant ses disciples, à la veille de mourir. Et nous, deux mille ans plus tard, nous sommes là, nous écoutons. Comme des enfants qui surprendraient leur père en train de parler d'eux à voix basse, avec amour.

Car Jésus, à cette heure si grave, ne s'occupe pas de lui-même. Il pense aux siens. « Je prie pour eux. » Trois mots tout simples qui devraient nous bouleverser. Avant la trahison, avant la croix, avant l'agonie, le Christ tourne son cœur vers ses amis — vers nous. Notre nom, en quelque sorte, est déjà dans sa prière.

Et que demande-t-il ? Pas que nous soyons épargnés. Pas que la route soit douce. Il demande que nous connaissions le Père. Tout est là. Jésus sait que notre vrai malheur n'est pas la souffrance, mais l'ignorance de Dieu ; que notre vraie pauvreté n'est pas le manque de biens, mais le manque de relation. Alors il demande pour nous le seul bien qui ne passe pas : connaître le Père comme un Père.

Il dit aussi : « J'ai manifesté ton nom aux hommes. » Pendant toute sa vie publique, Jésus n'a fait que cela : nous dire le nom du Père. Par chaque geste, chaque parabole, chaque guérison, chaque pardon, il épelait patiemment ce nom : Père. Et nous, aujourd'hui encore, nous apprenons à le balbutier.

Frères et sœurs, dans nos vies, il y a beaucoup d'heures : des heures lumineuses, des heures lourdes, des heures où nous ne savons plus prier. Mais il y a une heure qui ne change pas : l'heure du Christ qui prie pour nous. Cette heure dure toujours. Quand nous entrons dans une église, quand nous nous signons le matin, quand nous tombons à genoux le soir — il prie déjà, devant nous, pour nous.

Alors ce dimanche, ne cherchons pas d'abord à parler beaucoup à Dieu. Laissons plutôt Jésus parler de nous à son Père. Tenons-nous dans le silence de cette prière, et que notre seule réponse soit : « Me voici, Père, dans la prière de ton Fils. » Amen.

P. Hippolyte AGNIGORI

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