Méditation du Samedi de la 20ᵉ semaine du temps ordinaire — Mémoire de la Vierge Marie, Reine.Ez 43, 1-7a · Ps 84 · Mt 23, 1-12.

Jésus ne reproche pas aux scribes leur doctrine ,il dit même de faire ce qu'ils enseignent. Ce qu'il dénonce, c'est l'écart : « ils disent et ne font pas ». Une parole qui reste à la surface, qui sert à être vue plutôt qu'à être vécue. Les phylactères s'élargissent, les franges s'allongent, les places d'honneur se convoitent ,et pendant ce temps, le cœur ne bouge pas d'un doigt, comme ces fardeaux qu'on pose sur les épaules des autres.
Le remède que le Christ propose n'est pas de faire davantage, mais de descendre. Un seul est Maître, un seul est Père : nous sommes tous frères. Et le sommet de cette fraternité, c'est le service. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. Ce n'est pas une morale de la modestie, c'est la loi intime de Dieu lui-même, qui s'est fait serviteur jusqu'à la croix.
Et voilà pourquoi la liturgie place aujourd'hui, juste à côté de cet évangile, la Vierge Marie, Reine. Elle n'a rien revendiqué, rien élargi, rien exigé. Elle s'est dite servante, et c'est tout. Ézéchiel voyait la gloire du Seigneur entrer dans le Temple et le remplir : en Marie, cette gloire a trouvé une demeure vivante, parce qu'elle était vide d'elle-même. Sa couronne n'est pas une récompense ajoutée du dehors ; c'est l'humilité arrivée à sa vérité.
Demandons-lui aujourd'hui la grâce toute simple de réduire un peu l'écart entre ce que nous disons et ce que nous vivons. Une seule chose faite en silence, pour quelqu'un, sans témoin : c'est déjà le Royaume qui commence.

P. Hippolyte AGNIGORI

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