Dimanche 02 août 2026, 18e dimanche du Temps Ordinaire. Année A. Année Paire. Couleur liturgique : Vert
Textes
Isaïe 55, 1-3 ; Psaume
144 (145), 8-9, 15-16, 17-18 ; Romains 8, 35.37-39 ; Matthieu 14, 13-21
Dans Isaïe 55, 1-3, dans un contexte de fin d'exil babylonien où certains parmi le peuple d'Israël ont choisi de s'installer, profitant des avantages matériels que leur offrirait la terre d'exil, Dieu lance un message, un appel pour un retour vers lui où l'abondance ne s'achète pas mais est offerte gratuitement. Dieu rappelle et renouvelle à son peuple l'alliance tissée avec les pères depuis l'époque de David. Il voudrait ainsi manifester à l'égard de son peuple sa proximité et sa providence, expression de son amour bienveillant. Il y a donc une prise en charge matérielle du peuple par Dieu et au-delà, une prise en charge spirituelle car c'est l'âme du peuple que Dieu nourrit gratuitement d'espérance en un avenir radieux et meilleur, différent de celui éphémère que lui propose sa terre d'exil. Ici, nous sommes dans la perspective d'un retour des exilés sur leur terre, la Terre Promise, un retour à la fois physique et spirituel avec la reprise du culte rendu à Dieu dans le Temple reconstruit. On note ainsi que Dieu se souvient toujours de ses enfants que nous sommes. Il prend soin de nous totalement, d'où la confiance qui devrait nous habiter peu importe les circonstances de la vie. Si nous croyons fortement en l'amour providentiel de Dieu, rien ne pourra nous troubler car nos vies sont entre ses mains. C'est le message fort de Romains 8, 35.37-39. La providence de Dieu envers nous est également mise en lumière dans Matthieu 14, 13-21 dit " évangile de la multiplication des pains". Jésus se soucie de nous et pour nous. Le geste qu'il pose qui pourrait être interprété sous plusieurs angles manifeste le visage d'un Dieu compatissant, humain et aimant. C'est aussi un geste qui nous responsabilise dans la gestion de nos relations humaines : "« Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. »" dira Jésus à ses disciples. Sommes-nous prêts à " donner à manger" à nos frères et sœurs ? Ne sommes-nous pas par nos décisions autoritaires, abusives parfois iniques et injustes de ceux qui arrachent, exploitent et volent de façon impunie les quelques " cinq pains et deux poissons " des autres, des faibles et démunis en rendant la vie de plus en plus chère ou dure pour eux, en supprimant leurs faibles avantages matériels, en leur donnant un salaire de misère ? Peu importe le niveau ou le type d'autorité que nous avons, Jésus nous interpelle vivement et nous questionne : il n'y a pas de réalité plus grande et plus importante que la solidarité humaine vécue entre tous et par tous. Que le Seigneur qui demeure notre Assurance en toutes choses nous conduise sans cesse sur le chemin de la conversion vraie. Dieu nous bénisse abondamment. Merveilleux dimanche.
Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville



