Lundi 03 août 2026, 18e Semaine du Temps Ordinaire. Année A. Année Paire. Férie. Couleur liturgique : Vert

Textes
Jérémie 28, 1-17 ; Psaume 118 (119), 29.43, 79-80, 95.102 ; Matthieu 14, 22-36

L'issue dramatique de la joute verbale entre les prophètes Jérémie et Ananie selon Jérémie 28, 1-17 est un avertissement à toutes ces personnes qui prétendent parler au nom de Dieu. Ananie a fait passer ses propres paroles pour la Parole de Dieu et il est mort pour avoir utilisé frauduleusement le Nom de Dieu. Si nous parlons au nom de Dieu, disons exactement ce que Dieu nous inspire comme message même si ce message est difficile à entendre car la Parole de Dieu n'est pas faite pour nous caresser dans le sens du poil. Ne parlons pas au nom de Dieu pour faire plaisir aux hommes, ce serait un outrage envers Dieu, un sacrilège avec pour conséquence le malheur sur nous. Le porteur de la Parole de Dieu ne doit jamais mentir au nom de Dieu. Il doit dire la vérité que lui impose sa vocation de prophète. En effet, il pourrait nous arriver de faire passer nos opinions personnelles pour la Parole de Dieu, de la déformer, de lui faire dire ce qu'elle n'a pas dit pour telle ou telle raison. Et cela est très grave car ainsi on trompe le peuple de Dieu en lui donnant de fausses espérances ou de faux espoirs. C'est un parjure or Dieu nous invite à respecter son Saint Nom. Ne cherchons pas à être populaires ni à plaire à tout le monde. Le prophète qui cherche à plaire exclusivement deviendra un faux et mauvais prophète. Le rôle du prophète est d'inviter à la conversion et non à se complaire dans le péché ou le mal et faire croire que Dieu sera bienveillant même si nous demeurons volontairement dans notre état peccamineux sans un réel désir et une vraie volonté de nous convertir. Dans Matthieu 14, 22-36, la foi des disciples est testée et l'on pourrait dire qu'ils ont échoué au test. Ils sont témoins du miracle de la multiplication des pains. Ils savent donc que Jésus a le pouvoir sur la création. Cependant lorsqu'il le voit marcher sur les eaux en leur direction, ils croient percevoir un fantôme et ils ont peur. Mais Jésus les rassure en déclinant son identité. Aussi Pierre, comme à son habitude, toujours prompt à faire les choses, demande à Jésus la possibilité de marcher comme lui sur les eaux comme preuve que c'est vraiment lui qui vient vers eux. Ce qui fut fait. Mais lorsque le vent se lève, Pierre a peur et commence à s'enfoncer dans l'eau. D'où son appel au secours : " « Seigneur, sauve-moi ! »" Parfois Dieu réagit favorablement à nos demandes de signes pour avancer dans notre marche vers lui. Toutefois, les difficultés de la vie demeurent et pourraient ébranler notre foi si nous n'avons pas les yeux toujours rivés sur le Seigneur. Il nous faut sans cesse fixer le Seigneur sans nous laisser effrayer par les événements autour de nous. Peu importe ce qui arrivera, peu importe ce que les gens diront de nous, avançons avec conviction vers le Seigneur. Et si malgré tout, il nous arrive de flancher, d'avoir peur, crions vers le Seigneur et prenons toujours la main qu'il nous tend car le Seigneur n'est jamais loin de nous. Il demeure toujours à nos côtés car il connaît notre "peu de foi". L'attitude de Pierre montre que notre foi n'est pas toujours linéaire. Elle peut être forte aujourd'hui et faible demain. Avoir la foi ne signifie pas une absence de peur ou de doute. Avoir la foi, c'est garder toujours le regard fixé sur Jésus Christ. Que la Parole de Dieu nous établisse toujours dans la vérité profonde de Dieu et soutienne notre foi dans sa croissance. Dieu nous bénisse abondamment. Paisible semaine.

Père Sylvain KOUASSI, Paroisse Saint Augustin de Bingerville

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