Homélie du dimanche 22 novembre 2020, 34e Dimanche, Temps Ordinaire, Année A

 

Solennité du Christ Roi de l’Univers

Jésus Christ, Roi et Serviteur des Hommes

Frères et sœurs en ce 34e dimanche du Temps Ordinaire de l’Année A, nous célébrons avec Joie le Christ, Roi de l’Univers ? Qui est ce Roi ? Comment s’exerce sa royauté ? Comment la vivre ? Je mettrai l’accent sur deux points : Jésus Christ, un Roi pas comme les autres ; nous sommes tous des rois.

 

  1. 1.      Jésus Christ, un Roi pas comme les autres

À la lumière des textes de ce dimanche, nous pouvons faire ressortir ces traits ou caractéristiques de la royauté du Christ.

Selon la 1e lecture extraite du livre du prophète Ézékiel 34, 11-17, le Roi que nous célébrons est un Roi attentif aux besoins les plus élémentaires de ses administrés : assurer leur subsistance, les soigner, les instruire, les protéger. À travers l’image du berger, Jésus se présente à nous comme un roi qui s’occupe de ses brebis, qui veille sur elles : « Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis et j’irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées… » Il est un Roi qui part à la recherche de la brebis qui s’est égarée ou éloignée du troupeau. Il est un Roi miséricordieux. Dans ce tableau, nous avons la figure d’un Roi soucieux du bien-être intégral des siens dont il respecte le droit. Il n’hésite pas à se surpasser, à se sacrifier pour eux. On note qu’il ne ménage aucun effort pour donner satisfaction à ceux dont il a la charge. Ces derniers sont son unique préoccupation, le centre et le sens de sa charge qu’il perçoit comme une responsabilité à leur endroit. Le psaume 22 renforce l’image du Roi qui manifeste sa Providence et sa mansuétude à l’égard de tous.

Dans le 2e tableau en 1 Corinthiens 15, 20-28 (2e lecture), Paul affirme que la Royauté du Christ lui vient de Dieu son Père. Le Père lui a tout soumis y compris notre plus grand ennemi, la mort. Il a donc pouvoir sur tous et sur tout. Cependant, il fait de son pouvoir un moyen de communiquer la Vie.  En effet, « c’est dans le Christ que tous recevront la vie… » nous dit la 2e lecture.

Enfin dans le dernier tableau dans Matthieu 25, 31-46, nous est décrit Jésus comme le Roi qui s’identifie à l’Homme, cet Homme qui a faim et soif, qui est étranger, nu, malade et en prison. Jésus se reconnaît dans l’Homme démuni, misérable, dépendant des autres pour vivre et être : « Amen, je vous le dis : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait…Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » Notre Roi se fait l’un de nous en nous rejoignant dans nos faiblesses et fragilités. Il fait ainsi preuve de simplicité et d’humilité.

Aussi, comment vivre et actualiser de manière concrète la Royauté du Christ ? Comment appliquer cela ?

 

  1. 2.      Nous sommes tous des rois

Nous sommes tous des rois, chacun à son niveau : un chef d’État, un ministre, un député, un maire, un directeur de cabinet, un chef service, un employeur, un ministre ordonné (évêque, prêtre, aumônier), un laïc responsable de mouvement, groupe ou association d’Église, un portier, des parents, un grand frère ou une grande sœur, etc… Comment exerçons-nous notre royauté, notre pouvoir vis-à-vis des autres ?

Contrairement à l’autorité du Christ qui s’est fait humble, notre pouvoir nous entraîne parfois sur le chemin de l’orgueil, de l’arrogance voire du mépris vis-à-vis de ceux dont nous avons la charge. Or, le Christ s’est fait le serviteur de tous. Il suffit de se référer à la scène du lavement des pieds de ses disciples en Jean 13, 1-17 : « Si moi le Maître et Seigneur, je vous ai lavé les pieds, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » Ou encore en Matthieu 20, 28 « Je ne suis pas venu pour être servi mais pour servir. » Notre autorité humaine se fait plutôt domination, abus de pouvoir, violence verbale voire physique envers nos administrés, non-respect des autres et des normes favorisant le vivre-ensemble. Tout doit tourner autour de ma pauvre et petite personne. Je ne supporte pas la pluralité des points de vue car ma parole est et doit être la seule vraie et juste. Je demeure dans la pensée unique. Et si je suis contrarié, je sévis fort, j’écrase tout ce qui se dresse sur mon chemin. Mon intérêt personnel passe avant le bien commun. Moi avant, moi maintenant, moi après. Avant moi, il n’y avait personne, après moi, il n’y en aura pas. Je fais la pluie et le beau temps. Je suis comme Dieu. Mon Frère, si tu es dans cet état d’esprit, sache que tu es un malheureux. Tôt ou tard, tu quitteras ce monde et tu tomberas dans l’oubli. L’autorité ne signifie pas abus et domination. L’autorité, c’est celui qui aide les autres à se réaliser, à s’épanouir, à grandir. C’est celui qui augmente chez les autres l’estime de soi et le sens de la responsabilité personnelle favorisant une certaine maturité. Par exemple, qu’est-ce qui empêcherait ceux qui exercent une autorité de débarrasser la table ou de faire la vaisselle ou le ménage après un repas ? S’ils le font, perdraient-ils pour autant leur respectabilité ou leur autorité ? Seront-ils des sous-hommes ? Bien au contraire, ce geste sera un bel exemple d’humilité, de simplicité et de modestie qui suscitera le respect et l’admiration des uns et des autres. Des parents qui de temps et temps font le service à la maison apprennent des valeurs morales, humaines et spirituelles à leurs enfants. Ces derniers seront équilibrés dans leur vie et agiront avec sagesse et charité.

Frères et sœurs très chers, que le Christ Roi de l’Univers nous remplisse de ses sentiments d’écoute, d’aide, d’ouverture aux autres, de simplicité, d’humilité, de respect et de service envers tous et chacun. Que sa Royauté suscite des vocations parmi tous ceux et toutes celles qui exercent un pouvoir ici-bas.

En signe de conclusion, je nous propose comme parole à méditer cette semaine Philippiens 2, 3-4 : « Ne faites rien par rivalité, rien par gloriole, mais avec humilité, considérez les autres comme supérieurs à vous. Que chacun ne regarde pas à soi seulement, mais aussi aux autres. »

Bonne et Sainte Fête du Christ Roi de l’Univers. Dieu vous bénisse et vous comble de ses Grâces au-delà de toutes vos espérances.

 

 

Père Sylvain du Saint Nom de Jésus

Vicaire, Paroisse Sainte Famille, Riviera 2.

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